Les journaux électroniques
- L'utilisation des revues électroniques
à l'Unité centrale de documentation de l'INRA de Versailles -

Odile Viseux,
Institut National de la Recherche agronomique, Versailles
viseux@versailles.inra.fr




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En 1995 et 1996, un grand nombre d'éditeurs ont mis sur Internet leurs revues scientifiques. Dès 1997, devant le nombre croissant de ces revues électroniques, il a fallu, d'une part, recenser celles qui intéressent les chercheurs INRA et, d'autre part, étudier, analyser les offres des éditeurs quant à l'accès à ces versions qui devenait très souvent payant. Les deux conditions d'accès payantes les plus courantes induisent forcément un coût pour les bibliothèques d'institutions : soit c'est un abonnement à la version électronique, soit c'est un abonnement à la version papier qui donne droit à la version électronique.

En 1998, certains accès restent encore gratuits. De plus, toutes les revues scientifiques n'ont pas leur équivalent électronique sur Internet, et il reste encore toutes celles à venir qui seront exclusivement électroniques.

A l'Unité centrale de documentation, après avoir recensé les revues qui intéressent les chercheurs, et après avoir analysé l'offre des éditeurs, nous mettons ces revues électroniques à la disposition des chercheurs INRA. 98 % d'entre elles ont leur équivalent papier, en particulier dans la bibliothèque de l'Unité à Versailles, ou dans le fonds d'une autre bibliothèque INRA.

Comment recenser ces revues électroniques qui intéressent les chercheurs ? La bibliothèque de l'Unité répond aux besoins documentaires des chercheurs de deux manières : en local, c'est-à-dire sur Versailles, par la consultation en salle de lecture de ses collections de périodiques, ou pour les chercheurs extérieurs à Versailles, par son service de reproduction de documents qui répond à toutes les demandes INRA, et ce en s'appuyant soit sur le propre fonds de l'Unité, soit sur le fonds plus spécialisé d'une autre bibliothèque INRA ou d'une bibliothèque extérieure. Les statistiques annuelles établies tous les ans à partir des exploitations des périodiques par les chercheurs ont montré que plus de 80 % des fonds exploités sont des fonds INRA, dont 60 % le fonds de l'Unité.

Le travail de recensement s'est fait comme suit : du fonds de l'Unité, nous avons extrait les revues scientifiques qui étaient les plus exploitées par les chercheurs, et nous avons vérifié sur Internet si il y avait l'équivalent électronique de cette revue papier. Cette recherche s'est effectuée non pas par titre mais par éditeur parce que nous avons aussi un outil qui est le catalogue des périodiques de Versailles dans lequel les noms et les coordonnées des éditeurs sont signalés. (Les sites web des éditeurs sont plus faciles à trouver que l'endroit exact où l'on va trouver la revue électronique.) Une fois le site web de l'éditeur localisé, il a fallu, d'une part, vérifier si la revue avait son équivalent électronique et, d'autre part, déterminer quelles étaient les conditions d'accès à cette version.

Au niveau de Versailles, sur le fonds versaillais exploité, nous nous sommes trouvés devant un pool d'à peu près 500 revues qu'il fallait aller vérifier sur Internet. Nous avons en même temps élargi cette recherche à l'ensemble du catalogue collectif INRA des publications en série, ce qui fait que, au niveau INRA, le pool des revues à recenser est passé à 2000. Donc il était plus facile de raisonner par éditeur et de ne retenir que les revues les plus exploitées. Ensuite, nous avons analysé l'offre et les conditions (coût, licences d'utilisation) des éditeurs de notre point de vue de bibliothèque d'institution qui paie et gère des abonnements.

Au niveau coût, il y a deux cas classiques :

L'accès à la version électronique est fonctionnel une fois que l'on a fourni à l'éditeur la preuve du paiement, que ce soit papier ou électronique, et qu'on lui a déclaré les adresses IP des machines sur le réseau, qui seront autorisées à accéder au texte intégral des articles. Ces déclarations d'adresses IP de machines correspondent en fait à des licences de sites. En clair, cela veut dire qu'il suffit qu'un seul abonnement institutionnel soit pris sur un centre INRA pour que l'ensemble de la communauté sur ce site ait accès à la version électronique.

Maintenant, quels sont les moyens mis à la disposition du chercheur pour accéder aux revues électroniques qui l'intéressent ? A cet effet, l'Unité centrale de documentation de Versailles a mis à la disposition des chercheurs des outils et des services sur le serveur web institutionnel de l'INRA. Les outils ne sont pas différents des outils classiques que l'on trouve dans une bibliothèque. Que la bibliothèque soit virtuelle ou physique, le chercheur, quand il est autonome et sait se débrouiller pour rechercher ses documents, a toujours besoin de clés pour accéder à ces bibliothèques. Nous avons des clés classiques pour le papier que nous avons reproduites pour les revues électroniques, c'est-à-dire qu'on propose au chercheur de retrouver dans sa bibliothèque, soit son document papier, soit le document sous forme électronique, donc à partir de catalogues, de listes ou de présentoirs.

On va voir un peu plus précisément chacun de ces outils. Si l'on prend l'outil classique (catalogue), on propose au chercheur de retrouver la revue qui l'intéresse à partir d'une interrogation du catalogue collectif INRA des publications en série. Dans ce catalogue collectif sont signalées aussi bien les collections papier que les collections virtuelles. On pose sa question à partir d'un formulaire de requête et le résultat affiche la notice catalographique de la revue qui, en l'occurrence, est une revue électronique. Au niveau des localisations, par contre, ce ne sont plus des bibliothèques INRA, mais des bibliothèques de sites : le chercheur cliquera sur l'état de collection en ligne et si il y a des conditions d'accès, elles lui seront indiquées par des pages intermédiaires: par exemple l'adresse IP de sa machine doit correspondre au domaine INRA Versailles et il doit en plus fournir un nom d'utilisateur et un mot de passe pour accéder au texte intégral de l'article.

Un autre outil est proposé au chercheur : une liste alphabétique de titres de revues électroniques qui est accessible à partir du serveur web institutionnel de l'INRA, avec le même principe : si le chercheur veut accéder à une revue avec des conditions d'accès particulières, elles lui seront indiquées dans des pages intermédiaires avant le lien sur la revue.

Enfin, on lui propose des présentoirs électroniques où il va retrouver la vignette des revues qu'il a l'habitude de consulter régulièrement dans sa salle de lecture préférée. Quel que soit le moyen d'accéder à ces revues électroniques, le chercheur est "orienté" le plus directement possible sur la revue qui l'intéresse, c'est-à-dire sur la page où sont affichés l'ensemble des numéros de la revue en ligne.

Quand le chercheur n'est pas autonome et/ou qu'il ne peut pas faire la démarche d'aller chercher lui-même l'article qui l'intéresse sur Internet à partir des revues électroniques, le service de reproduction de documents de l'Unité peut désormais lui fournir l'impression du document au lieu de la photocopie. Avec son accord, on peut aussi lui proposer d'obtenir dans sa messagerie électronique personnelle en fichier attaché, le fichier qui correspond à l'article qu'il souhaitait obtenir.

Dans ces deux cas de figure, il faut que non seulement l'article soit disponible en ligne et que, en plus, les accès soient autorisés pour l'INRA.

En conclusion (qui est en fait la réaction des chercheurs vis-à-vis de ces revues électroniques), ces outils et ces services sont encore trop récents pour que l'on puisse véritablement en évaluer les performances. En revanche, ce que l'on peut dire, c'est qu'ils sont utilisés. Nous recevons souvent des messages de chercheurs qui nous sollicitent pour un problème, très souvent d'ordre technique (un mauvais téléchargement de ficher ou un accès refusé), ou qui nous demandent si telle ou telle revue n'a pas sa version électronique, parce qu'ils savent que nous l'avons sur papier ou que c'est le même éditeur que telle autre, etc., ou alors tout simplement qui nous félicitent pour la rapidité de nos envois et la qualité de nos photocopies...


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Dernière mise à jour : 15 janvier 1999
Contact : Odile Viseux