Séance inaugurale

Jean-Pierre Gabrielli
IPR Vie scolaire,
représentant Mme Maryse Quéré, recteur de l'Académie de Caen




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Maryse Quéré, recteur de l'Académie de Caen, m'a demandé de la représenter à cette séance inaugurale, ce que je fais volontiers, en vous souhaitant, moi aussi, des travaux fructueux et conviviaux. Je crois que cette part de convivialité est importante dans ces échanges qui se veulent à la fois informels et positifs.

Je suis inspecteur pédagogique régional, "Établissements et Vie Scolaire", nommé dans cette académie depuis le 1er décembre. Donc, je la découvre dans toutes ses composantes.

Je suis en liaison avec des documentalistes, dont certains sont présents aux Rencontres. Ce groupe sera notre élément de transition et de coopération avec vous.

Je souhaiterais vous dire l'intérêt et la satisfaction que la recteur Maryse Quéré a eus de voir tenir ces trois journées, et ceci pour plusieurs raisons :

La première, c'est que M. Allègre, ministre de l'Éducation Nationale, est très préoccupé par ce qu'il estime être un retard du système éducatif français par rapport à l'évolution de ce qu'on appelle depuis quelques jours, non plus les nouvelles technologies de l'information et de communication, mais les TICE, Technologies de l'Information et de Communication pour l'Enseignement. J'espère que ce sigle, avec notre manie française, va se stabiliser quelque temps. Cette expression laisserait entendre que ces technologies ne sont plus aussi nouvelles. Il est vrai que, derrière nouvelles technologies, on disait aussi bien la pratique du multimédia, que le fax, le Minitel, etc. Ce qu'on pointe maintenant, ce qui est au coeur de vos Rencontres, c'est la mise en place du réseau Internet (messagerie et web).

Le souci du ministre est partagé complètement par Maryse Quéré, qui a occupé des fonctions très importantes au Ministère de l'Éducation Nationale, en tant que chargée de mission sur les Technologies Nouvelles. Elle est donc extrêmement compétente quand elle intervient sur le rôle des technologies d'information et de communication et d'internet dans le système éducatif. Depuis décembre, je sens une accélération très forte dans les bureaux, dans les établissements et dans les attentes. Maryse Quéré estime à ce sujet que l'Académie de Caen en tant que système éducatif a un retard incontestable à rattraper. Rattraper ce retard nécessite des moyens financiers et matériels, ainsi qu'une collaboration avec des collectivités locales.

Je voudrais aussi souligner l'heureuse circonstance qui fait que, hier (le 2 avril 1998), avec Hervé le Crosnier et d'autres documentalistes présents aujourd'hui aux Rencontres, se tenait un regroupement national consécutif au colloque sur les lycées. Ce colloque sur les lycées donne lieu à des réflexions plus sectorisées dans certaines académies, mais avec des regroupements nationaux. Étaient présents, en particulier, des universitaires qui s'interrogeaient sur l'informatique et l'introduction de l'informatique dans les disciplines. Cette journée était intitulée : Informatique et Sciences de l'Information et de la Communication. Les termes sont importants : il y a derrière la question fondamentale de savoir si on peut introduire l'informatique dans les disciplines, un passage obligé par une formation à ces nouvelles sciences de l'information et de la communication, dont le statut, bien que reconnu au niveau universitaire, n'est pas encore reconnu au niveau des concours. On est loin de concours de recrutement qui reconnaîtraient ce genre de compétences. Dans notre système, quand un CAPES ou une agrégation n'ont pas donné une dignité à une discipline, même enseignée à l'université, elle n'avance pas. C'est une préoccupation importante.

Espérons que Philippe Merrieu, dans les regroupements de fin avril qui vont donner lieu au colloque national, en regroupant toutes les réflexions des provinces, tiendra compte de la proposition visant à intégrer une préoccupation "information, communication et informatique" dans le corps des disciplines.

Pour nous, pour les documentalistes, c'est une révolution importante. C'est à la fois en continuité avec une révolution qui a été une rupture quand on a demandé aux documentalistes de ne plus être seulement des bibliothécaires ou des archivistes, mais aussi des documentalistes, c'est-à-dire qu'ils/elles étaient affublé(e)s d'un rôle pédagogique, d'un rôle de traitement spécialisé et rigoureux de l'information, d'initiation des élèves à la recherche documentaire. On leur demande maintenant, en toute continuité, d'assurer, d'être un pôle, mais pas exclusif, dans le traitement de l'information sur Internet. Dans le même temps, on peut se demander si le CDI, comme lieu physique, ne va pas éclater dans cet universalisation du savoir et de la culture, qu'introduisent les nouvelles technologies. Est-ce que le CDI sera toujours un endroit où il y a des livres, ou est-ce qu'on sera dans un horizon beaucoup plus virtuel ? Le CDI, en tant que lieu physique de partage de savoirs, est extrêmement important.

Sur le plan académique, 3 ans sont prévus pour essayer d'équiper la totalité de collèges et des lycées dans l'Académie de Caen. Il va falloir trouver des fonds, il va falloir former les enseignants, il va falloir les "destresser" sur le fait que l'arrivée d'internet et de la messagerie ne sont pas seulement les conséquences d'une politique industrielle et économique qui obligent à prendre des machines et des logiciels, sans avoir le temps de s'interroger sur leur rôle pédagogique. Il faut prendre le temps de se poser ce genre de questions : pourquoi Internet dans un CDI ? Nous commençons à peine la discussion. Les débats sont particulièrement avancés dans les listes de diffusion., je souhaite que les CDI puissent communiquer avec ces listes et qu'une coopération se fasse entre les bibliothèque et les CDI.

Je vous renvoie à un document publié récemment par le CNDP, qui s'appelle : "Le CDI à l'heure d'Internet" (dossier de l'ingénierie éducative n°25).


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Dernière mise à jour : 15 janvier 1999
Contact : Jean-Pierre Gabrielli