L'expérience roumaine :
Formation

Nicoleta Marinescu
Bibliothèque Centrale Universitaire Miahai Eminescu
Iasi, Roumanie
nicole@bcu-iasi.ro




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  1. La formation permanente des professionnels des bibliothèques et de la documentation
  2. Article : Emploi et formation : à quoi former les bibliothécaires ?



La formation permanente des professionnels des bibliothèques et de la documentation

L'informatisation, les nouvelles technologies, l'Internet sont l'image d'une autre civilisation qui ouvre ses portes, et supposent la formation d'un individu qui doit adopter une autre mentalité, un autre mode de travail, de communication, un autre comportement et qui doit devenir petit à petit un modèle.

Dans cette situation, il y a des questions à poser sur :

Dans nos bibliothèques, il y a deux conceptions différentes, qui tiennent compte de la situation actuelle :

  1. Travailler dans la bibliothèque informatisée comme dans la bibliothèque traditionnelle, avec des changements moindres. C'est encore possible puisqu'il n'existe pas de véritable réseau et que les bases de données sont encore petites (20 à 100 000 entrées). Une formation minimum en informatique est nécessaire.

  2. Changer la structure d'une bibliothèque en l'informatisant, en vue d'offrir les meilleurs services aux utilisateurs. Cette démarche implique un nouvel organigramme, d'autres responsabilités, de nouvelles compétences, une formation plus pointue, plus complexe et soutenue.

La réalité est à mi-chemin, mais nous apprenons de nos fautes.

De plus, il ne faut pas oublier que les utilisateurs de nos bibliothèques ont souvent une meilleure formation que la nôtre. En Roumanie, on fait des études en informatique dès l'age de 7 ans. Nos utilisateurs sont ceux qui, parfois, malheureusement posent des problèmes en franchissant toutes les barrières informatiques.

Il y a des années , j'ai proposé de mettre en place une Agence Franco-Roumaine de Formation et d'Information pour les Bibliothécaires, soit au niveau de la Communauté Européenne, (Leonardo de Vinci), soit au nom de la francophonie en collaboration avec le Canada. Grâce aux projets communautaires, un bon nombre de boursiers ont obtenu des compétences dans ce genre de projets.

Des bibliothécaires français pourraient piloter ces projets, les évaluer, faire des propositions de stages. Des investissements pourraient être faits à long terme. Ces projets seraient peut-être une solution pour diminuer les différences entre les info-riches et les info-pauvres. Les stages de formation aideraient à changer les mentalités, à repenser le métier, à comprendre qu'il y a encore des emplois pour tout le monde, mais que les professions changent. Aujourd'hui, le catalogueur n'est plus la clef d'une bibliothèque, ce sont ceux qui valorisent l'information le plus vite possible : les documentalistes.

L'enquête d'Annie Koupiec est un bon point de départ dans la formation vers un autre organigramme de l'établissement. A ce sujet, il ne faut pas oublier le rôle des associations professionnelles qui se complètent en vue de former un bibliothécaire-documentaliste avec les compétences requises par le temps. Il ne faut pas non plus oublier le rôle des associations complémentaires comme l'Association des Managers Universitaires (AMU), qui peuvent former et aider des managers.




Emploi et formation : à quoi former les bibliothécaires ?

Gilda Eleonora Draganescu
Nicoleta Marinescu

L'année 1995, c'est pour la Roumanie le moment de vérité. On reconnaît la crise de certaines institutions et organismes gouvernementaux, une crise déterminée par un manque d'évaluation des priorités et d'une stratégie. Le phénomène a été ressenti plus fortement par l'enseignement et la culture.

Les bibliothèques, si étroitement liées à la fois à l'enseignement et à la culture, ont subi, elles-aussi, des bouleversements : on a quitté la politique pendulaire et on s'exprime, sous l'influence de l'expérience l'ouest, pour un chemin unidirectionnel.

Le personnel des bibliothèques change son identité professionnelle, contraint de suivre une formation continue, d'autant plus nécessaire que la révolution actuelle, mieux déterminée par la crise que par le progrès, n'est pas seulement une révolution technologique, mais aussi une révolution culturelle. Les bibliothécaires formés à l'étranger deviennent les acteurs principaux du changement.

L'information devient, de plus en plus, multidimensionnelle. La chaîne de production / diffusion de l'information est très fortement raccourcie et peut présenter de nombreux risques : perte de qualité et de fiabilité de l'information, incertitude juridique, difficulté de mise en place des modes de commercialisation, etc.

Le professionnel de l'information doit développer de nouvelles qualifications et de nouvelles compétences. Il doit savoir et pouvoir évoluer en permanence.

Le manque d'une législation roumaine spécifique aux nécessités actuelles des bibliothèques, fait que, à cette date, coexistent deux grands types de bibliothèques universitaires : les CU (Bibliothèques Centrales Universitaires) et les USI (Bibliothèques Universitaires spécialisées intégrées aux universités).

La situation des CU est favorisée par leur indépendance et par leur statut qui leur autorise des projets avec les institutions apparentées de l'étranger. Ces projets ont pour conséquence immédiate une mise jour des techniques et de la formation permanente du personnel. Les fonds, provenant de tel on tel personnage généreux, sont dirigés vers des activités ouvertes à tous les bibliothécaires, en vue de promouvoir les préoccupations et les objectifs communs.

Les USI se trouvent dans une situation un peu plus délicate parce qu'elles sont soumises à une tutelle parfois favorable, parfois défavorable.

Soucieux d'affirmer leur autorité sur la documentation, joyeux d'en revendiquer la tutelle et de rejeter celle de la fantomatique direction ministérielle, la plupart des présidents d'universités se montrent favorables à des compromis : aider les bibliothèques à trouver des aides, favoriser les projets pilotés par des institutions européennes, et trouver des solutions pour introduire la tarification des services.

En ce qui concerne la formation du personnel, on a lancé la question : à quoi former les bibliothécaires ?

Les enjeux de la formation

Si les notions de formation continue et formation initiale n'ont pas changé leur signification, les deux notions se sont certainement enrichies de signification.

J'éviterai de faire des constatations globales, d'employer des syntagmes comme ³tous les pays de l'Est,² ³certains pays de l'Est,² ³la période de transition en Roumanie,³ ³ la réforme² ou ³après la Révolution,² parce qu'elles me semblent vidées de sens. Au bien de servir une analyse critique, on n'aurait fait que formuler des excuses ou invoquer des impossibilités objectives.

J'essayerai de présenter, seulement, le point de vue d'un groupe de travail qui s'est proposé de redéfinir les compétences et les rapports interprofessionnels en vue de normaliser les fonctions de la bibliothèque universitaire vers une mission spécifique et de faire disparaître toute non - concordance entre ce type de bibliothèque en Roumanie et le même type de bibliothèque à l'étranger. On a constaté que, à partir de 1990, la dégringolade des bibliothèques entraîne la dégringolade des métiers. D'un seul coup, on fait paraître des partisans qui souhaitent conserver ou changer les structures, les tâches, les techniques, quoi que le but soit le même : offrir des informations sur divers supports aux mêmes utilisateurs.

Ce processus a généré des tensions sociales issues du fait que les professionnels des bibliothèques n'étaient pas assez familiarisés aux stratégies des changements.

Les bourses de mobilité dans les bibliothèques de l'Ouest, les projets pilotés de l'étranger, par la CEE ont effacé les grandes différences Ouest-Est dans le domaine de l'information et de la communication.

D'autre part, les bibliothécaires de la République de Moldavie, eux-aussi, ont eu les mêmes chances.

Dans la première étape 1990 - 1992, parmi les 300 bibliothécaires de Iasi, 20 ont achevé des stages dans les bibliothèques de l'Ouest. Dans la même période, des équipes de l'Ouest (France, Angleterre, Écosse, Hollande) et des États-Unis sont venues en Roumanie pour nous connaître. A cette occasion, beaucoup de bibliothécaires ont eu la possibilité de suivre des stages sur place. Une enquête du janvier 1993 indiquait que 52% des bibliothécaires des BU et des Centres de Documentation maîtrisaient déjà des nouvelles technologies.

A partir de 1993, sous l'égide des programmes SOROS, TEMPUS, PHARE, ERASMUS, chaque bibliothèque installe son propre réseau et, malheureusement, son propre logiciel. D'ISIS à TINLIB et VUBIS, les bibliothèques, les unes après les autres, vivent la tristesse de ne pas trouver la meilleure solution.

Le manque d'une politique nationale concernant l'informatisation des bibliothèques fait que certaines personnalités chargées de prendre les décisions imposaient leur propre point de vue en choisissant des logiciels sans une bonne prospection du marché. Ce fait a conduit à l'impossibilité de réaliser un réseau local / national et une base de données locale/nationale facilitant l'accès à l'information.

Au début de l'année 1994, dans le cadre de réunions professionnelles dédiées à l'Information, on a rédigé à Iasi une convention concernant les priorités du développement, étape par étape, de nos bibliothèques et la stratégie de réalisation d'un réseau local (y compris pour la République de Moldavie).

L'année 1995 ouvre une nouvelle perspective pour Iasi, grâce au projet TEMPUS concernant ³La réorganisation d'une bibliothèque universitaire informatisée et la formation des formateurs³ ( JEP 9596-95 ). La Fondation SOROS pour une société ouverte organise un cycle de séminaires dédiés aux ³Changements du Management des bibliothèques en transition.³

L'évaluation des bibliothécaires met en évidence, encore une fois, que 60% des bibliothécaires maîtrisent les stratégies des changements, mais ils ne peuvent pas les imposer dans leurs collectifs parce qu'ils n'ont pas le pouvoir décisionnel et le cadre institutionnel. Ce pourcentage ne comprend pas les directeurs / responsables de départements.

L'équipe de travail a mis au point le projet d'une Agence de Formation et d'Information des Bibliothécaires pour surveiller, piloter, et coordonner les changements, en collaboration avec la France. Copyright 1996, Agrosoft Iasi



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Dernière mise à jour : 15 janvier 1999
Contact : Nicoleta Marinescu