Colloque : "La communication de l'information scientifique et technique dans l'enseignement supérieur et la recherche : l'effet Renater/Internet"
Schéma d'organisation de la presse périodique électronique
Françoise Renzetti
Responsable de la Médiathèque de l'IMAG [#] Francoise.Renzetti@imag.fr
Jean-François Tétu
Professeur Lyon 2 [##] Jean-Francois.Tetu@univ-lyon2.fr
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Dans les domaines mathématique et informatique, la presse
périodique traditionnelle remplit avec difficulté son rôle
de premier instrument de la diffusion scientifique. En 1995, la presse papier est en partie "relevée" par l'édition électronique qui comprend essentiellement les publications des institutions de recherche, objets d'échanges énormes, et le journal, dont certains titres intègrent, au moyen de nouvelles fonctionnalités, l'ensemble du processus de gestion de la revue et en modifient la dynamique de lecture. L'édition électronique utilise alors des outils sophistiqués. L'ensemble des technologies à promouvoir au sein de l'environnement de publication appelle des concentrations de capitaux et des stratégies de conquête de marché : pour étendre ou fidéliser leur clientèle, les éditeurs des revues primaires, les éditeurs des revues bibliographiques, les agences d'abonnements et les bibliothèques redéfinissent leurs services. L'usage de l'Internet et l'évolution des techniques d'édition vers un environnement de publication ébranlent la structure et l'organisation traditionnelles de la presse périodique. D'une part, l'Internet sous-tend l'espace social des communautés scientifiques et le dote d'un pouvoir de certification qui était jusque là réservé à des comités restreints. Et d'autre part, au sein d'un environnement de publication susceptible de regrouper un nombre indéfini de journaux, l'article s'affranchit du nom du journal et devient unité fondamentale de la base de donnée. |
Mots-clés
Introduction
Les journaux scientifiques ont été longtemps le premier instrument de la diffusion scientifique. En 1995, le passage du modèle papier aux modèles électroniques s'impose, spécialement dans le domaine des Mathématiques et de l'Informatique car l'environnement de travail des deux communautés, celle des informaticiens et, de façon plus récente celle des mathématiciens, intègre l'Internet depuis plus de dix ans. Les publications périodiques électroniques concernent aujourd'hui la totalité des chercheurs et les produits sont suffisamment importants et variés [1] pour que la presse électronique puisse être analysée en terme d'outil :
1. Définition
et caractéristiques de la presse périodique scientifique
La presse périodique s'identifie sans ambiguïté par l'ISSN (International Standard Serial Number) qui est un numéro caractéristique d'un titre donné. De façon similaire, il est possible d'attribuer à chaque collection de rapports de recherche un ISRN (International Standard Report Number).
Lorsque la fonction de la presse périodique est de garantir le niveau scientifique du contenu des articles qu'elle véhicule, elle devient revue à comité de lecture (peer review) et comprend alors un comité de rédaction qui sélectionne les articles que des spécialistes examinent.
2. Rôle
de la presse périodique scientifique
La publication périodique doit "coller" à l'actualité de la recherche afin de traduire largement et rapidement les derniers résultats acquis.
D'autre part, le journal facilite la promotion et d'un auteur (qui peut être une personne morale), et d'une discipline (comme de sa communauté).
Mais surtout, la revue officialise l'intégration du nouvel article dans la mémoire scientifique commune et accomplit ainsi l'acte de certification par lequel le journal "reconnaît" un auteur en tant que membre de son audience ; c'est pourquoi le journal "à comité scientifique" constitue un outil fondamental d'évaluation de la recherche.
Enfin, la vie du journal est l'accumulation sélective du devenir historique d'une discipline : la longévité d'un journal est donc un facteur important de sa valeur scientifique.
3. Crise
de la presse périodique scientifique
La vie brève de certains périodiques qui n'ont pas les moyens de supporter la communauté scientifique qu'ils ont mission d'identifier s'explique par de nombreux autres facteurs qu'il serait instructif d'étudier cas par cas.
L'inflation du prix des journaux provient de la combinaison de plusieurs
processus. Elle est due, en premier lieu à des charges fixes
élevées telles que le prix du papier (qui subit lui-même
une augmentation élevée) et aux frais importants qu'occasionne la
gestion de la procédure "comité de lecture", avec notamment la
difficulté de trouver des rapporteurs qu'il faut rémunérer
plus qu'autrefois [3].
Par ailleurs le
marché est limité, car l'augmentation du nombre des
bibliothèques, qui constituent la majorité des abonnés,
n'a pas suivi l'augmentation du nombre des chercheurs ni celle du nombre de
titres de périodiques offerts. La petitesse du marché est encore
accentuée par la conjoncture économique qui détermine, au
sein des bibliothèques, des restrictions budgétaires suivies par
des suppressions d'abonnements portant sur les revues les moins
consultées (aux Etats-Unis, souligne l'ARL les abonnements
supprimés de façon prioritaire sont les abonnements aux revues
étrangères et le processus a commencé dans les grandes
bibliothèques dès les années 70) [4].
D'autre part, la politique inflationniste est encouragée par la faible élasticité de la demande (l'absence de réponse de la part du souscripteur devant la montée des prix), car chaque journal est unique. Cette exclusivité qui constitue un monopole invite l'éditeur à hausser ses prix afin de se réserver des marges de profit importantes.
Il faut aussi noter qu'un nombre croissant d'institutions a abandonné les activités de presse par manque de solidarité inter-communautaire [5] ou par un conservatisme qui verrait dans la création d'un nouveau journal un concurrent aux revues existantes au sein desquelles elles tiennent déjà leur rang. C'est pourquoi :
La presse périodique traditionnelle ne remplit plus le rôle de communication et d'information qu'elle assurait primitivement car d'une part le prix élevé du journal s'oppose au libre-échange des idées et d'autre part, la conciliation impérative entre qualité de contenu et fraîcheur d'information constitue un exercice difficile à réaliser. Les éditeurs et les chercheurs se tournent résolument vers les moyens offerts par la presse électronique. Deux questions surviennent alors :
1. L'Internet
et la diffusion des résultats de la recherche
Au moyen des services de l'Internet (connexion distante, courrier et conférences électroniques [8]), les chercheurs échangent des idées et des documents.
Rappelons que les premières conférences électroniques (newsgroups) en Informatique sont créées en 1981 ; en 1982, le premier article est posté dans "net.math" (rebaptisé "sci.math" en 1986) ; en 1983 s'ajoute "net.math Mathematical discussions and puzzles" ; simultanément des dizaines de groupes de discussions sont proposés dans le domaine de l'Informatique. En 1989, la National Science Foundation subventionne l'American Mathematical Society (AMS) afin que l'Association puisse développer un service électronique de communication inter-mathématiciens et créer un journal électronique : "e-math" permet d'accéder à des publications, des logiciels, des rapports de recherche et des listes de discussions ; le "Bulletin de l'AMS" est diffusé [9] via l'Internet depuis 1992, il est le premier journal à avoir publié des formats non textuels (équations mathématiques). En même temps, les associations américaines regroupant les chercheurs en Mathématiques Appliquées et en Informatique préparent le redéploiement de leurs activités d'édition. C'est le cas de l'Association For Computing Machinery qui, dès 1993, ouvre la première phase d'un énorme programme de publication électronique d'édition et de gestion intégrées de ses journaux : 17 titres de grande portée et 39 SIGs (Special interest groups Bulletin) ciblés vers des communautés plus réduites.
En 1995, l'édition électronique mathématique et informatique recouvre trois grands types de publications, les bulletins de liaison, les publications des institutions de recherche, enfin le journal en tant que recueil d'articles d'origines diverses mais spécifiques d'une discipline.
A. Les
lettres d'information : bulletin de liaison et avant-journal
Comme la forme imprimée primitive, la lettre d'information électronique, quand elle émane d'une institution, rend compte de la vie associative. L'annuaire des sociétés savantes américaines offert par l'Université de Waterloo [10] présente un grand nombre d'exemples de ce type de périodique comme "International Federation for Information Processing Newsletter", "Society for Industrial and Applied Mathematics (SIAM) News" ou encore "Society for Mathematical Biology (SMB) Digest".
Les "lettres" sur lesquelles le contenu scientifique l'emporte sur les autres rubriques sont souvent issues de conférences électroniques "modérées" (dont les articles sont sélectionnés par un "modérateur"). La lettre d'information électronique est alors une forme de "ré-actualisation" de la fonction de diffusion de l'information périodique. A la différence du journal, la lettre d'information, à prédominance scientifique, est largement ouverte aux auteurs [11]. Elle est présente dans chaque sous-discipline (par exemple le Bulletin du PRC-IA en Intelligence Artificielle ou pour la géométrie algorithmique : GeDeoN [12] et Computational Geometry Tribune, Wavelet Digest [13] pour la Théorie des Ondelettes) ; le niveau scientifique peut être très inégal d'une lettre à l'autre.
B. Les
collections virtuelles anonymes des institutions de recherche
J. Franks qualifie la presse présentée sur les collections virtuelles anonymes des institutions de recherche d'"Edition à compte d'auteurs" ("Vanity Press Model"). Cette expression traduit bien à la fois l'unicité du discours économique présent et l'absence de sélection (en dehors de celle opérée par l'auteur "personne morale" que représente l'institution) qui préside à l'établissement des catalogues. Pour rendre entièrement compte de l'environnement et du rôle des pré-publications, il faudrait encore insister sur leur importance dans le cadre des relations de libre-échange et de gratuité et des luttes de concurrence qui sous-tendent depuis toujours les communautés scientifiques.
Ce type de relations se développe et s'amplifie avec les outils et les services du réseau qui d'une part intensifient la communication et d'autre part facilitent le bénévolat.
C. Les
collections de journaux électroniques
Une vingtaine de journaux mathématiques ou informatiques qui manifestent l'intention d'être des revues de grande portée sont aujourd'hui publiés sur l'Internet. La majorité sont d'origine universitaire et bénéficient du soutien financier d'une association. Un grand nombre d'autres périodiques est en préparation, au point que des études prévoient que d'ici la fin de la décennie la totalité des revues scientifiques seront électroniques. Les éditeurs commerciaux sont bien présents qui s'affichent sur l'Internet et inscrivent à leurs catalogues les nouvelles rubriques électroniques ("Electronic Journals via Internet").
Prestige, souplesse et expérimentation sont trois constantes des pages de titre des grands périodiques.
D.
Recherche théorique et recherche technique : doubles usages
Pour fonder plus facilement leur assise, les premiers grands périodiques électroniques sont généralistes : ils visent un public relativement large (The New York Journal of Mathematics [18] fait ailleurs précéder son titre du message "Welcome to the first electronic general mathematics journal"), ils s'imposent naturellement dans des domaines théoriques (CJTCS, The Chicago Journal of Theoretical Science [19]) ou encore dans des disciplines pour lesquelles les représentations graphiques animées ont un sens démonstratif majeur ("Complexity International" [20]).
2. De
nouveaux médias, de nouvelles fonctionnalités
Les journaux électroniques sont de deux types : les titres qui ne sont pour l'instant qu'une transposition de la forme papier ancienne et d'autres qui, au moyen de nouvelles fonctionnalités, intègrent l'ensemble du processus de gestion et modifient la dynamique de la lecture du journal.
A. Edition
parallèle, vente promotionnelle
Le système de diffusion est toujours le même ; quand le lecteur (qui est ici un abonné) est avisé par courrier électronique des dernières parutions, il va se connecter sur la machine de l'éditeur pour décharger les publications qui l'intéressent.
Tous les journaux sont proposés gratuitement pendant une période probatoire, puis le prix semble s'aligner sur celui du produit papier (Numerische Mathematik édité par Springer [21]). L'abonnement de base ne permet pas l'accès au journal par plusieurs lecteurs à la fois.
B. Environnement
de publication
Les outils offrent la possibilité d'inclure des formats divers (des graphiques, des tables, des formules et des images) ou de publier des documents hypermédia (J.UCS, Journal For Universal Computer Science prévoit parallèlement à l'édition disponible sur l'Internet des éditions annuelles sous forme de CD-ROMs et des volumes papier).
C. Article
actif [23]
Les liens vers les documents existants relient les articles directement entre eux ; les liens vers un document à paraître ("forward" links) sont inclus sous forme de notes validées par les rapporteurs de sorte que demeure l'intégrité de la version originale de l'article.
D. De
nouveaux moyens et de nouvelles méthodes de certification
Sans qu'il soit fait allusion aux défaillances du processus d'évaluation par les pairs [26], le journal engage ses lecteurs à discuter de son contenu dans des conférences électroniques ("comp.ai" pour JAIR, Journal of Artificial Intelligence Research [27]). Des éditeurs (ACM) projettent d'afficher librement sur leur propre serveur, les articles à paraître [28] afin que les auteurs puissent les améliorer en profitant des remarques des lecteurs extérieurs. La frontière entre les différents types de publications (papier, rapport, article) est moins franche.
Cette critique élargie est une marche d'approche vers une évaluation médiatisée. Annoncée par les développements de la cryptographie, des procédures permettraient de transformer le travail des comités de lecture en téléconférences dont les transactions respecteraient l'anonymat et au cours desquelles chaque message serait évalué [29].
3. Nouvelles
stratégies déployées par des regroupements d'acteurs
A. Les
institutions de recherche ne produisent qu'une part minime des journaux
scientifiques
Les institutions qui ont la volonté de publier un journal électronique se tournent vers les associations dont la vocation est de supporter les recherches nationales [31]. La mention de ces soutiens sur les pages de présentation des nouveaux journaux témoigne que l'origine géographique des associations fondatrices correspond mal à la représentation géographique des communautés scientifiques. Et notamment, l'Europe académique est encore peu engagée dans les activités de publication électronique [32].
B. Les
éditeurs commerciaux et l'Internet
Le National Science Foundation NSFNET Acceptable Use Policy réservait à la recherche l'usage du "backbone" (le réseau de super-calculateurs qui interconnectent les grands réseaux) et prohibait les opérations publicitaires qui constituent une part importante de revenu pour les éditeurs. Aujourd'hui, la publicité n'est plus frappée d'interdit, mais elle est peu tolérée par les usagers.
Les commerciaux s'interrogeaient : quel serait le prix à payer pour l'utilisation du réseau? Qui serait leur interlocuteur? Ou encore : qui dans l'avenir contrôlera l'Internet? Sur le réseau les réglementations ne sont pas faciles à faire appliquer et les commerciaux veulent s'assurer que leur production sera utilisée uniquement par les usagers à qui ils en donnent l'autorisation. Dans ce but, ils développent des produits à valeur ajoutée qui devraient fidéliser les usagers et par là, faire des pirates de nouveaux clients [33].
C. Monopoles
confortés
C'est un des objectifs du projet Pergamon PLUS qui propose aux auteurs, lorsque leur article est accepté dans une revue Pergamon, une contrepartie financière versée par l'éditeur à une bibliothèque au choix de l'auteur. Ils demandent à ce que les lois de copyright ne soient pas appliquées dans le cadre de la recherche et de l'enseignement.
La Medical Library Association élargit la perspective en proclamant que la réglementation ne doit pas compromettre le développement de la santé publique.
Trois autres projets sont très semblables : Tilburgh University Experience, MSME (Modeling and Simulation in Material Science and Engineering) et CAJUN (CD-ROM Acrobat Journals Using Networks) dans lequel sont impliqués les éditeurs Wiley et Chapman and Hall.
L'éditeur Springer est le partenaire de toutes les associations américaines de la recherche en mathématiques et en informatique : l'ACM, l'AMS, et l'IEEE (The Institute of Electrical and Electronics Engineers). L'ACM participe à l'édition du Chicago Journal of Theoretical Computer Science, publié par The MIT (Massachusetts Institute of Technology) Press.
L'ACM qui publie 40,000 pages par an, cessera ses activités d'édition traditionnelle en 1998. Elle travaille en coopération avec l'IEEE. Ces deux associations assument à elles deux, la responsabilité de la grande majorité des publications de recherche en informatique.
L'ACM projette la nouvelle image du journal : un courant libre à l'intérieur d'une base de donnée universelle (pour les sciences de l'ordinateur) et dans laquelle les frontières entre documents à paraître et documents publiés ont disparu. Seules sont diffusées les mises à jour. Les utilisateurs ne sont plus des abonnés à un journal mais à des logiciels d'accès à différents points de l'environnement de publication.
J.UCS qui est publié à la fois par l'ACM, Springer, OCLC (Online Computer Library Center) et IDI (Basis Plus Software) constitue un des prototypes du projet :
En complément à son programme de publication, l'ACM a la volonté de promouvoir la communauté informatique : "The ACM Electronic Community". Dans le but de favoriser ses membres, la société leur offre un accès sur l'Internet et des services d'information.
D. Editeurs
de revues "primaires", agences d'abonnements, éditeurs de revues
bibliographiques
D'autre part, pour conserver une certaine maîtrise de leurs collections, les bibliothèques achètent des collections électroniques, généralement sous forme de CD-ROMs. Pour se montrer compétitive vis-à-vis des autres intermédiaires qui sont maintenant connectés, elles proposent l'ensemble de leurs nouvelles collections à travers des réseaux de CD-ROMs. Certains regroupent un grand nombre d'universités (Utah Academic Library Consortium).
Conclusion
L'usage du réseau et l'évolution des techniques d'édition vers un "environnement de publication" mettent en cause la structure et l'organisation traditionnelles de la presse périodique :
A.
Copyright et libre circulation des idées
Mais les institutions sont réticentes à l'idée de créer de nouveaux journaux susceptibles de concurrencer les titres en place déjà en trop grand nombre. Les commerciaux quant à eux, proclament que les chercheurs ont mieux à faire que de s'investir dans les activités éditoriales. Ils s'organisent pour maîtriser la chaîne de publication électronique. Ils proposent des outils pour soumettre les articles et lire le journal qui fidéliseront les auteurs et lieront les lecteurs au journal.
B.
Certification et espace social
Ce sont :
Le réseau sous-tend l'espace social des communautés scientifiques et le dote d'un pouvoir de certification qui était jusque là réservé à des comités restreints. S'il est trop tôt encore pour se prononcer sur l'impact des nouvelles méthodes cryptographiques d'authentification, il paraît difficile que leur application ne tienne pas compte des résultats obtenus par les usages critiques en cours.
C.
Indépendance de l'article
L'article s'affranchit de la publication périodique tutélaire : l'article n'est plus publié sous un titre commun (le nom de l'institution ou le nom du journal). Il est seulement une unité de la base de donnée.
Par ailleurs les services de fourniture de document à la demande proposent déjà une "utilisation séparée" de l'article.
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Notes
© "Solaris", nº 3, Juin 1996.